La culture dans l’économie du vêtement malgache

La loi du marché de la consommation malgache part du fait que tous les prix sont discutables. C’est le principe du « Ady varotra » : le prix de vente résulte d’une discussion aboutissant à un consensus entre vendeur et acheteur. Le vendeur propose un
« tombana », proposition de prix qui fait également office de plafond à l’achat. L’acheteur avance alors un
« tombam-bidiny », équivalent du prix plancher de la marchandise, et le prix de vente réel, « tena vidiny », se situera entre les deux en fonction de l’argumentation de chacun.

L’achat passe par l’essai et l’évaluation du vêtement, le répertoriage des qualités et défauts, l’humeur de chacun ou l’état des ventes de la journée. L’évaluation du prix passe également par l’observation de la présentation générale du vendeur et de l’acheteur. Ainsi, une personne richement vêtue a plus de chances d’avoir un « tombana » plus élevé qu’une autre.
C’est aussi pourquoi les clients ont tendance à acheter le matin ou tard le soir, pour espérer la baisse des
« tombana », pouvant être liée à un désir d’écoulement rapide de la marchandise par le vendeur.

Quand le « tena vidiny » est accepté par les deux parties, la vente est conclue et les protagonistes mettent un terme à la discussion par des encouragements mutuels : généralement « mahalafosa be » pour l’acheteur (équivalent à bonne vente) et « mahasoava » pour le vendeur (qui bénit en quelque sorte son client par cette formule). Ces formules de clôture marquent le respect et la satisfaction des deux parties. Si l’issue de la vente est défavorable, l’acheteur s’en va sans demander son reste vers d’autres étalages pour marquer son mécontentement. « Lasa tsy manao veloma naman’ny tezitra », que nous traduisons modestement par « qui part sans dire au revoir marque son offense ». Ce comportement ne marque pas nécessairement que l’une ou l’autre des parties s’est senti offensée. Cela signifie seulement que la vente aurait pu se conclure d’une manière plus profitable.

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2 responses to “La culture dans l’économie du vêtement malgache

  • Hery Zo Rakotondramanana

    à ce jeu du « ady varotra », les personnes un peu (?) rembourrés comme moi y perdent toujours dans la mesure où le « tombana » se situe largement au dessus du « standard » qui est d’annoncer un prix deux fois plus cher … pour des mecs comme moi, il n’est pas rare d’entendre des « tombana » trois fois plus cher

    • tony rakoto

      un peu rembourré (!) j’adooore. l’activité tient plus de la joute orale que d’autre chose, loin de notre objectivité – et non rembourrinité (inventé rien que pour toi) – et de nos impératifs pratiques. la parade que j’ai trouvé est de m’accompagner des expert(es) de cette pratique qui ne me réussit pas non plus : une tata aguerrie ou une mamie combative 🙂

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