Tonyrakoto

23 mai 2009

Tout sur Anja Besson Rasolondraibe….

Classé dans : Uncategorized — by tonyrakoto @ 05:38

Elle est malgache, elle aime papoter, elle aime manger, elle a fait des études, elle travaille… Bref, c’est une personne active normale. Au-delà de tout ceci, ou en parallèle, c’est une graphiste-peintre, c’est une performeuse, elle est plasticienne, elle est styliste et la liste est longue.
Et elle ne correspond pas du tout à la perception qu’a le commun des mortels sur les artistes, si le commun des mortels en a une. Je pense au gars vachement inspiré, genre tu comprends pas la moitié de ce qu’il te raconte, mais t’est là à gober tout ce qu’il te dit.
Elle a l’air d’une petite étudiante paumée, elle peint ses doigts de pied en noir, et si je la taquine tout le temps sur son âge, c’est qu’elle a vraiment l’air d’une petite gamine.
Pourtant, Anja besson Rasolondraibe a une espèce de particularité : t’as l’impression que ses portraits veulent papoter avec toi. L’intensité d’un regard, un mouvement inachevé, des traces de pas… tu commences à te demander des choses, tu veux savoir. Et c’est ce qui était bien avec l’exposition qu’elle avait montée. Ce besoin de te faire participer coûte que coûte à sa réalité. Résultat, la cinquantaine d’invités au vernissage a fait cinquante interprétations d’une toile en noir et blanc qui représentait une femme au regard de braise dont la tête était enveloppée dans une sorte d’anorak. J’ai entendu des « c’est une star de cinéma », « elle est peut-être déjà morte», « ce n’est pas une malgache »… et quand je lui ai demandé l’histoire de la toile, qu’elle a baptisé Antsirabe, j’avais compris que c’était une sorte d’allégorie du froid. Bof.
Ce qui m’a marqué, c’était le fait qu’elle était arrivée à susciter autant de réactions que de visiteurs. Et qu’en fait, chacun des visiteurs se représentait son propre délire à travers les toiles. Et comme cette fille est touche à tout, elle a même monté une installation où après avoir visité son expo, les gens pouvaient, s’ils le souhaitaient, écrire, dessiner, créer des choses et se mettre en scène. C’était une sorte de dialogue un peu en décalage, qui ravivait la part de créativité de chacun, genre « j’ai vu l’expo de cette artiste, mais tu sais moi aussi je suis un peu artiste » ou des blabla du même gabarit. Résultat, trois semaines après le vernissage, un groupe de lycéens encadrés par des professeurs de dessin qui ont fait des études à l’étranger et tout, ont monter exactement la même installation pour une exposition qu’ils ont organisé dans un des hauts lieux de la culture d’Antananarivo.
Je me suis dit c’est réellement un concours de circonstances ou cette fille fait déjà de l’effet à sa première expo à Madagascar ?
Il y a un dicton malgache qui dit « Ny soa fianatra », deux possibles interprétation (et pas traductions) seraient « les bonnes choses se partagent », ou « les choses utiles s’apprennent chez les autres ».
Au final, si elle se fait copier, c’est qu’elle doit bien avoir un certain talent. Ou un talent certain. Je l’ai découverte, je vous la partage.
Elle a son blog sur wordpress : najaatelier.wordpress.com

une photo de l'artiste

une photo de l'artiste

[caption id="attachment_59" align="alignnone" width="300" caption="La fille au regard de braise"]La fille au regard de braise[/caption]

26 février 2009

Aménagement esthétique d’Antananarivo : entre dépendance, mauvaise gestion et laxisme

Classé dans : Uncategorized — by tonyrakoto @ 16:37

Panorama

Dans leur plus grande majorité, toutes les constructions sculpturales et les aménagements esthétiques d’Antananarivo sont à vocation patrimoniale. Ce sont des marqueurs d’évènement qui font office de repères temporels. En malgache, ils sont tous appelés « Tsangam-bato », pierres érigées, car depuis toujours, les malgaches marquent l’importance d’un évènement en érigeant de gros blocs de pierre.

Il est possible de catégoriser globalement la thématique des monuments érigés sur l’étendue du corpus. Il y a d’abord l’éloge au renouveau du souffle malgache, à la revendication de la souveraineté. La statue monumentale de Gallieni d’Ambohijatovo a été remplacée par un mémorial de commémoration des évènements de 1947. Le mémorial à Jean Ralaimongo à Analakely s’inscrit dans la même mouvance.

Le plus grand marqueur qui reste de la période révolutionnaire est sans doute le mémorial dédié à Ho Chin Mine à Ampefiloha. En quête de modèle parmi les grands vainqueurs du communisme asiatique, et dans la mouvance de la pensée « non-alignée » où Madagascar s’est activement illustrée à l’époque. La débâcle de la deuxième république et la naissance de nouveaux objectifs traduisent l’importance de ce mémorial pour les malgaches actuellement, qui jusqu’à peu, se servaient du gazon alentour pour y étaler leur linge mouillé. Il est partiellement entretenu de temps à autre.

Pour le mémorial du 11 novembre 1917 à Anosy, « Anjely mainty », l’importance de son existence ne se justifie que tous les 26 juin, où on y lance les feux d’artifices, du fait de son emplacement idéal (il est quasiment au milieu du lac Anosy). A l’origine, c’était un endroit de sacrements, que l’on a vite remplacé par la stèle commémorative et la statue d’ange y afférente, pour célébrer la victoire des alliés (dont les français) sur les allemands. Le lac était entre temps devenu le déversoir des égouts des environs. Pendant une longue période, l’entretien du lieu avait fait défaut. Pourtant, c’est l’un des principaux signes d’identification de la ville dans les cartes postales et guides touristiques

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